Saturday, June 24, 2006

Mon jardin

« La termitière future m'épouvante, et je hais leurs vertues de robots... moi, j'étais fais pour être jardinier ! »
Antoine de Saint Exupéry.

Y'a là un petit carré de verdure juste devant le castel à mézigue, alors comme j'ai toujours aimé les belles plantes et que le compteur continue à tourner sournoisement dans mon dos, je me suis dis qu'il était peut-être temps pour moi d'arrêter de courrir après les soucis, de prendre quelques fleurs et de les entretenir, avant qu'elles ne fanent et moi aussi... en somme, je suis devenu le gigolo du garden. Dans les milieux horticoles où je trâine dorénavent mes racines, on m'appelle « Aurel le souteneur ». Si c'est du joli ! Mais que veux-tu, faut bien trouver quelque chose pour tromper l'ennui tout en fuyant cette salope de lucidité en attendant de crever. Et puis on peut pas non plus picoler à longueur de journée, sinon ça devient clinique. Se rincer la gueule et celle des copains à en oublier d'arroser le parterre, tu comprends, c'est pas mon truc. C'est du domaine de la desertion. La desertion, pour un jardinier, c'est passible de la cour martiale... c'est vu comme un crime de haute trahison. C'est directe le piquet, et pas celui à tomates, je te prie bien de me croire ! Celui de la dernière salve où les dragées ont remplacées les haricots. Et puis... surtout pour être franc, la picole chronique, j'en ai pas les moyens. C'est un truc d'officiers, ça... des bruits qui courrent dans les messes... mais moi je suis qu'un petit jardiner de deuxième classe ! Je ne donne pas d'ordre à la nature, je lui obéis...

Et faut pas croire que si la langue est verte, les pognes le sont nécessairement aussi. Le garden, ça demande de l'entraînement. Intensif l'entrâinement. Dur. Levée aux aurores. Garde à vous. Tu fais sonner les 4 saison. Envoie des couleurs... dés l'aube, mon pote ! Dés l'aube !

Faut désherber le chien-dent qui s'est répandu à l'intérieure nos lignes pendant la nuit quand les belles sont censées monter la garde. Mais comme je suis pas maquereau au point de soutenir des belles de nuit... Donc le matin j'attaque ferme à la binette. Une première salve puis je repasse avec une seconde. Pour être sûr, tu comprends ? Parfois la binette c'est de l'artillerie trop lourde... surtout quand t'approches le carré de menthe ou la ligne de lavande. Alors faut y'aller avec les poignes. En voltigeur de pointe. Dans le silence. Tu fermes ta gueules, tu te baisses, tu sors ton surin. T'épies ! T'écoutes ! Le moindre bruit. Le moindre son. Le moindre bruissement. Tout à coup tu fais briller la lame au soleil qui pointe à peine, et tu tranches dans les racines. A vif. Tu saignes la saloperie à blanc. Ainsi y'a pas de dégats dan le rang de lavande, tu comprends. T'es clean côté friendly fire.

Surtout que ma lignée de lavande, je vais te dire, elle est plutôt longue à fuser côté floraison la salope ! C'est que j'ai peu de lumière aussi faut dire, à cause de la haie de troënes quand tu rentres. La lavande elle longe l'allée jusqu'au rosier. Au début, à peine une odeur. Je vais te dire que je l'avais plutôt à l'a caille, et qu'au lieu du mauve pastel odorant j'arborais plutôt un pourpre terne et franchement vinaigré. Je me faisais de la bile pour elle quoi, t'es marrant ! En fait, il lui faut un sol plutôt sabloneux à la lavande, tu sais... et moi ma terre ici est dégueulasse. Mais bon, là elle à l'air d'avoir pris ses marques, elle commence à fleurir, timidement. Alors j'ai ravalé mon orgueil, je fais comme si rien ne s'était passé, je la boucle... et puis comme elle s'étend sous le cerisier, alors je ne m'inquiête plus trop. Le cerisier veille pour moi.

Lui par contre il est majestueux, ça fait plusieurs années qu'il donne. Et le frangin de ce côté là, il est plutôt généreux. C'est le caïd du garden, haut, puissant, large de branches, virile... y'a juste un truc c'est que ses cerises sont bourrées d'asticots... je sais, j'aurais dû le traiter, mais comme lui non plus ne m'a jamais insulté, alors je ne vois aucunes raisons d'entamer les hostilités.

Le long de l'allée, prêt des tröènes, le cerisier et de l'autre côté de la lavande, donc, le premier rosier que j'ai planté. Rouge sang. Un parfum fabuleux. L'amour en une seule note. Estampillé Saint Cyr. Vielle aristocratie française. Comme il commence à devenir un peu dur de la feuille, je lui ai mis du Bethov' au dabe.

Au centre, c'est mon rosier Barbara Streisand. Yes sir ! Il donne dans le rose baltringue. Cela dit il a jamais eu un mot de déplacé. correct. Propre. Faut voir quand la rosée lui perle à la tronche. Ca fuse des notes florales à damner un régiment de gonzesses. J'en connais, il aurait pas eu les épines je lui aurais sauté dessus. Encore que... j'ai quelques soupçons qui rôdent...

Et puis au fond prêt de la fenêtre le rosier du môme guix. Rose. Timide. Small size. Et une rangée de plantes multicolores. Fluorescentes. Dont le nom en latin, que j'ai oublié, doit trainer dans des bouquins pour prétentieux.

Alors évidemment. Tout ça à même la terre. Ca fait peut être un peu salingue. J'ai pas osé mettre du gazon, j'ai eu peur que ça fasse bourgeois. Que tout de suite la foule organize des parties de golf, des piques-niques... et comme quand on approche mes rosiers, je deviens chatouilleux du 6.35, j'ai pas voulu tenter le diable. J'ai mis tellement de temps et de tendresse à faire pousser ses saloperies colorées. Je suis pas du genre sanguinaire, mais on ne sait jamais...

Wednesday, January 19, 2005

Illegal love

Hello sweet greeny,
Come up to your Froggy !
Hello sweet green card,
Let’s dance in the backyard!

Strawberries, champaign and freedom fries,
That’s the way I behave each time she cries,
Strawberry, Champaign and freedom fries,
That’s the price for her sunrise!

Red wine, stinky cheese n’ white bread,
I will lay her down in a sunny bed.
One way ticket to the land of vices,
Enjoy the U.S immigration services!
Red wine, stinky cheese n’ white bread,
If they catch me, oh gosh! I’m dead!


Aurélien.

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Tuesday, January 18, 2005

Le Mystère de Julie...

Mille fois mes mains on virevolté sur son corps de femme impeccable, dans les silences gitans des nuits obscures et amères saupoudrées d’étoiles ; et mille fois, j’ai lissé de mes paumes les esquisses de ses flancs à contretemps, quand, dansant dans les fragrances des lunes d’argent aux parfums sucrés de palissandres, doucement, je la sentais descendre ! Extatiques, dans l’orgie des cordes sensibles de nos amours impossibles, nous nous sommes emportés loin à l’abri des portées de pensées blanches aux reflets noirs, que les matins notent et ouvrent d’une clef métallique tombée maladroitement sur le sol… ah ! Ma jolie Julie, jouons encore toi et moi les soleils de la vie !... Dans l'osmose de nos chaires aux abois, laisses moi encore m'embraser les doigts au toucher de tes courbes ensorcelantes… laisses moi poser mes joues sur tes éclisses… et pour entendre encore une fois le timbre envoûtant de ta voix si pure, la nuit prochaine, moi, dans la brume d’un port irlandais… j’irais encore une fois de plus, prostituer mon cœur et mon âme… à ton corps andaloux ! Et j’oublierais tout ! Oui, tout, jusqu’à la nature même de nos deux êtres… et je me perdrais dans un amour interdit, oubliant qui tu es vraiment, Ô ma Julie, quand bien même personne ne percera jamais mon mystère et ton secret...

Le Chat de gouttières.


« C’est l’agressivité mon moteur… parce que sinon… je vois pas… y’en a qui écrivent d’une écriture de professeur de lycée… moi j’aime casser des plumes, et faire des pâtés. »
Serge Gainsbourg.



Les griffes de fer rétractées dans mes pattes aux coussinets de velours, je veux pénétrer avec force l’innocence de tes yeux, et violer ton cœur d’enfant insouciante ! Engouffres toi sous les draps noirs de mes cieux éteints. Je vais te faire oublier les couleurs… Il est temps pour toi de réveiller la femme féline qui est en toi. Il est temps de te sentir chatte, et de te faire chienne ! Alors quelle mièvrerie que la couleur ! C’est faire preuve de tellement d’ignorance, que d’oublier toutes les nuances infinies et merveilleuses de gris… je pisse sur les arc-en-ciel ! Je conchie l’aube abrutie des matins pâles, quand le ciel défèque des nuages pastels… je me suis roulé dans l’horizon impure et je te viens par la fenêtre, Ô mon amour, encore tout imprégné des odeurs de la nuit que je vais imprégner à mon tour sur ta peau dans une étreinte animale, te griffant comme avant toi j’ai griffé la nuit sauvagement, à grand coups d’éclairs acides, dans un vacarme mauve de fin du monde, jusqu’au sang ! Déjà ton intuition féminine, comme un sixième sens, a senti ma présence s’approcher de toi par derrière, et je te viens tapi dans l’ombre aux parfums boisés… des flemmes vertes brûlants dans mes yeux indécents… et déjà tu sens mon odeur et tu t’es redressée, tous tes sens en éveil… et tu feules à la nuit ton désir ardent… tes incantations fiévreuses font briller la lune d’un bleu électrique qui se propage en ondes aiguës le long de ton échine jusqu’au plus profond de ta chair… ton ventre est devenu volcan… et ton sang, magma en fusion, ne demande qu’à jaillir, faisant battre tes tempes d’excitation… la sueur vient perler ta peau par endroits et il s’en dégage un humus agréable que je vais bientôt venir goûter de mes lèvres assoiffées de plaisir, sois en sûre… je veux imprimer délicatement ta peau de mes dents, pour y laisser ma trace animale… le désir de l’étreinte est maintenant si fort que tu ne trouveras plus jamais le sommeil… il te hante comme me hante le chant des sirènes ! En amant vicieux et vil, j’aime prolonger ce délicieux supplice en m’égarant aux pentes des toits bleus… j’oublie pour quelques temps l’idée de te prendre… et j’abandonne mon âme à la lune opaline, mon amie, mon amante de toujours…Drapée dans le manteau rouge de ta jalousie, cela te fait enrager, et tu voudrais hurler ta douleur aux étoiles pour les faire tomber toutes dans la mer profonde et froide, afin qu’elles s’y noient… Une boule de feu, un soleil, comme une nova intense, brûle ton ventre de désirs, et dans tes incantations à la chair mâle animale, dans l’anathème de notre amour charnel qui n’en peut plus de se faire attendre, tu perds le sens des émotions… ainsi des grimaces de rires nerveux parcourent ton visage rongé par l’acide des larmes que tes yeux de biche sont impuissants à retenir… et me voilà enfin ! Tu sens ma force pénétrer ta chair avec douceur et nervosité, tendresse et assurance… fermes les yeux ! Laisses toi aller au plaisir de ce viol nocturne de ton âme : je vais te délivrer de ton mal, de ton mal profond. Ô ma petite sœur, joint toi à moi et ne faisons plus qu’un dans cette petite mort qui nous vient déjà. Nous retomberons en cendres, à jamais différents. Et enfin, telle une peinture de Michel-Ange sous la voûte de la chapelle Sixteen… dans la clarté de ta peau pâle, ta tête au creux de mon bras… tu renaîtras aux couleurs du jour !